Actualités → Léopold Sédar Senghor ou le poète-président
Léopold Sédar Senghor ou le poète-président
01 / 05 / 2025
Agathe Gallo
Le poète en bref : Senghor est l’auteur des paroles de l’hymne national du Sénégal Le Lion rouge. Durant ses études, il rencontre Georges Pompidou avec lequel il deviendra un proche ami. En 1934, Léon Gontran Damas, Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor créent la revue contestataire L’Étudiant noir.
Léopold Sédar Senghor ou le poète-président
Au cours de sa vie, Monsieur Léopold Sédar Senghor a été poète, écrivain, homme d’État français, mais aussi le premier Africain à siéger à l’Académie française. Le 5 septembre 1960, il fut élu président de la toute nouvelle République du Sénégal. Né en 1906 à Joal au Sénégal, Senghor quitte sa terre natale pour venir étudier à Paris en 1928. C’est au lycée Louis-le-Grand qu’il fait la rencontre d’Aimé Césaire, l’initiateur du terme « Négritude ». Aimé Césaire définit la Négritude comme « la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de noir, de notre histoire et de notre culture ». À une époque de racisme institutionalisé, Léopold Sédar Senghor, sera extrêmement réceptif à cette notion qu’il développera dans ses poèmes.
La première strophe de six vers de Poème à mon frère blanc de Léopold Sédar Senghor expose quelques phases de la vie d’un homme noir qui, de sa naissance à sa mort, reste noir. La strophe suivante parle des mêmes phases qui sont, cette fois-ci, celles de la vie d’un homme blanc. Homme blanc qui ne cesse de changer de couleur, rose à la naissance, vert lorsqu’il est malade et gris une fois dans son linceul. Finalement celui qu’on appelle le « poète-président » interroge : « Qui est l’homme de couleur ? ».
La fin de Poème à mon frère blanc pourrait pourrait laisser penser au lecteur inattentif que Monsieur Senghor conclut sur une différence, mais ce n’est pas le cas. Ici, Léopold Sédar Senghor met en exergue le fait que peu importe la couleur, les étapes du spectre de la vie des hommes sont les mêmes. Cette fin a pour dessein de percuter le lecteur pour le mener à se demander qui a créé cette différence dans le but d’alimenter un système colonialiste oppressif.
Léopold Sédar Senghor disait : « Nul n’a le droit d’effacer ma culture, car une communauté sans culture est un peuple sans êtres humains. » Malgré son décès en décembre 2001, son combat perdure à une époque où, la culture est hiérarchisée, le peuple divisé et où l’humanisme est volontairement mis de côté. Il faut lire Léopold Sédar Senghor pour s’instruire et ne pas se tromper de colère.