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L'interview de NOD
01 / 05 / 2025
Agathe Gallo
Nod, c’est la création d’un groupe de 5 musiciens composé de : Mathieu Bachelier à la basse, Fred Meyer à la guitare, Paul Weeger à la trompette et au clavier, Maxime Dancre et Alain Josué tous deux à la batterie et aux percussions.
Bien connu des groupes poitevins, ils œuvrent dans le paysage musical de la ville depuis plusieurs années. Ils nous offrent avec cette nouvelle formation une musique aux influences méditerranéennes et aux rythmiques de l’Afrique de l’Ouest.
Pouvez-vous nous raconter l’histoire derrière la création de NOD ?
PW : « À la base, on jouait tous ensemble depuis 12 ans, dans Labulkrack. On avait envie de monter un projet plus resserré, un groupe avec moins de musiciens, pour explorer une musique plus trance, plus répétitive qui s’installe dans le temps. C’est autour de 2020 qu’on a commencé NOD. »
MD : « L’idée est vraiment née après un concert. On rentrait tous ensemble dans le camion d’Alain, et on écoutait un album qui nous parlait beaucoup. On s’est dit qu’il fallait se lancer. On était cinq musiciens à avoir des affinités très fortes, autant humainement que musicalement. On partageait une vision commune, des goûts similaires, et à force d’en parler après les concerts, de s’échanger des albums, c’était une évidence. »
Pour Poitiers l’Été, on joue le10 juillet, et les Poitevins peuvent s’attendre à ce qu’on s’embarque dans de longues transes avec l’envie de faire danser les gens.
La musique de NOD puise autant dans les sonorités méditerranéennes que dans les rythmiques d’Afrique de l’Ouest. Comment ces influences nourrissent-elles votre musique aujourd’hui ?
PW : « À la base, nos morceaux partent de compositions où chacun ramène des petits bouts d’idées. Très souvent, ça commence par une clave. Des rythmes qui viennent d’Afrique de l’Ouest, du Congo, de Madagascar… parfois même du Brésil. Ce sont des claves ou des rythmiques qu’on aime beaucoup, et on s’en inspire pour construire nos propres compositions. »
AJ : « Pour ma part, j’ai été très marqué par les musiques brésiliennes. Et quand j’étais petit, j’ai pas mal joué de musiques du continent africain. C’est vraiment là-dedans que j’ai puisé pour commencer à créer des choses. »
MD : « C’est important de préciser qu’on ne fait pas des musiques traditionnelles d’Afrique de l’Ouest ou d’Amérique centrale. Ce sont des cultures qui nous inspirent, notamment parce que les percussions y sont très présentes – je pense notamment pour Alain et moi, on écoute beaucoup ces musiques, elles nous influencent fort et souvent, elles sont le point de départ de nos compos ou de nos arrangements. »
Un EP est déjà disponible, avec trois morceaux à découvrir, mais vous travaillez actuellement sur un album. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?
MD & PW : « Oui, l’album est en préparation ! On prévoit de l’enregistrer en octobre, à Rochefort. On travaille actuellement sur une dizaine de morceaux, dont certains nous accompagnent depuis le tout début de NOD. Les titres présents sur l’EP seront aussi dans l’album, mais on va aller plus loin : plus d’arrangements, plus d’orchestration. Normalement, la sortie est prévue pour le printemps 2026. »
Il y a un aspect fort dans votre travail – déjà présent avec Labulkrack, c’est votre rapport à l’espace public. On le ressent aussi dans le clip que vous avez tourné ici [Ramses III | Place de Provence]. Est-ce que NOD s’inscrit dans cette même volonté de jouer un peu partout ?
PW : « Pour l’instant, NOD joue surtout sur scène, en concert. Mais c’est vrai que le tournage du clip Ramses III, ici même, nous a donné des idées. Ça demande quand même un peu de réflexion, notamment sur la diffusion du son dans l’espace public, comment faire entendre la musique aux gens autour. »
MD : « Oui, c’est une question importante. Jouer dans la rue, c’est pas juste une question de lieu, c’est un choix politique aussi. C’est là qu’on touche le plus de monde, bien au-delà des publics qui viennent en salle. C’est ce qu’on a voulu raconter avec le clip. On en a parlé récemment : pourquoi pas imaginer un set de NOD pour un festival comme Chalon dans la Rue ou Aurillac ? En tout cas, jouer dans l’espace public, c’est clairement une démarche qu’on a envie de défendre. »